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16 mai 2020

"Un roman noir avec une grande intensité psychologique et plein d'humanisme."

Qui a tué Patrick Fabas ? tout accuse son fils, tout juste sorti de prison. Un fils rejeté, une relation père/fils nocive.
Des personnages secondaires aux particularités interressantes. Un trio d'enquêteur aux personnalités fortes. Cérisol, le chef, une épouse aveugle et sportive de haut niveau, Nicodémo, "l'ancien" , d'origine portugaise, catholique pratiquant et Grospierres, super diplômé, "le plus jeune", le petit nouveau de l'équipe.
Un roman noir avec une grande intensité psychologique et plein d'humanisme. A découvrir du même auteur , les polars pour ado parus chez Syros Jeunesse


29 mars 2020

Un récit magnifiquement humain

Avec ce premier polar, Benoît Séverac s’installe de suite dans les belles découvertes du genre de ce début d’année. Entre relations père-fils impossibles, portraits de personnages attachants et intrigue passionnante, l’auteur nous emmène dans un récit magnifiquement humain. Remarquable.

Le titre de ce roman est « Tuer le fils ». Mais il pourrait s’appeler « Tuer le père » . Et réciproquement. Ou inversement. Mais « Tuer le père » est déjà le titre d’un roman d’Amélie Nothomb. Ainsi réside l’un des intérêts majeurs de ce remarquable polar qui nous plonge dans de multiples mises en abîme: réalité d’un meurtre et fiction d’un texte écrit préalablement, un père et un fils photocopies de souffrances mais recto verso de vies diamétralement opposées. Benoit Severac creuse ce sillon et pose la question ultime « Tuer au nom de la littérature est ce possible? ».
Il ne faut pourtant pas croire que ce roman relève de la plus pure construction intellectuelle et s’élève dans les hauteurs d’une philosophie à quatre sous. C’est avant tout un polar, un bon, un remarquable polar. De ce type de littérature, il possède tous les codes. On a donc un assassin, que l’on découvre dès la première page. Un flic, ou plutôt un trio de flics, même si l’on suit surtout les pas du chef, Cérisol, la cinquantaine approchant, amoureux de son épouse Sylvia, devenue aveugle, et adorateur de confitures diverses et variées. Le roman navigue dans l’air du temps pointant avec justesse le malaise des officiers de police dans une institution en difficulté ou mettant le doigt sur les mouvements d’extrême droite malodorants représentés par des bikers au cerveau aussi limité que le vrombissement de leur Harley.

Alors si on le distingue du reste de la littérature de genre, c’est que Benoît Séverac dont c’est le premier roman, et qui s’est inspiré de son expérience d’intervenant de professeur d’Anglais en milieu carcéral, sait donner une épaisseur humaine à ses personnages, ni « héros », ni paumés en mal de vivre. On se prend de compassion, de sympathie pour ces hommes en lutte entre leur métier, dont chacun attend des réponses différentes, et les difficultés de la vie quotidienne. Trois générations de flics comme trois modes de vie. Trois rapports à la paternité aussi. Cérisol ne sera jamais père par la volonté de son épouse. Grospierres, dernier arrivé dans la brigade, et tout jeune papa, se voit confronter au judaïsme militant de sa femme. Quant au troisième larron, Nicodemo, émigré portugais, proche de la retraite, une dépression le guette et l’interroge sur un bilan de vie familiale et un fils brillant qui veut arrêter sa prévisible ascension professionnelle.

L’auteur profite d’une intrigue bien menée, construite autour d’aller-retours entre un cahier d’écritures et la vie quotidienne, pour raconter la déliquescence d’une relation père-fils délétère. L’ignoble côtoie la douceur, la haine poursuit l’amour. Tous les personnages sont en quête de tendresse et leur itinéraire personnel nous les rend terriblement attachants, comme celui de Sylvia, devenue aveugle à la trentaine et dont nous percevons toute la volonté de vivre avec une justesse remarquable. Ces femmes et hommes, on aimerait les rencontrer dans notre vie, en faire peut être des amis. Ils forment la mosaïque d’une société contemporaine, qui sait aussi trouver de bons moments lors de repas quotidiens pris à la brasserie du coin ou de jolis baisers dans le cou (voire plus) après une journée harassante d’enquête.

A la fin de cette lecture dévorante, on constate une fois de plus qu’il est dommage de catégoriser la littérature. « Tuer le fils », si il utilise les codes du polar est avant tout un livre. Un formidable beau livre.

Eric


10 février 2020

Conseillé par Coralie

Matthieu Fabas a pris quinze ans de prison pour un meurtre.
Ce meurtre, c'était le message d'un fils pour son père, un fils qui a besoin d'attention, et de prouver son courage, sa virilité. Lorsque Matthieu Fabas sort de prison, le temps a fait son œuvre. Il va expliquer à son père pourquoi il en est arrivé là, lui, le jeune paumé, trop maigre, trop doux, pas assez fort, pas assez grande gueule.
Le lendemain de sa sortie de prison, le père de Matthieu est assassiné. Il n'a aucun alibi et le mobile est évident : crime parfait et enquête bouclée rapidement par les flics.

C'est sans compter sur le jeune flic qui sent qu'il y a anguille sous roche. Il va continuer, fouiller, retracer la captivité du jeune homme, retrouver le carnet dans lequel il notait ses pensées.

"Tuer le fils", c'est une intrigue policière qui hante, une histoire d'hommes, de failles, de courage et de révolte.




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