Les librairies Agenda Coups de coeur
7 septembre 2023

En 1934, 56 enfants s'évadent de la colonie pénitentiaire de Belle-Isle en Mer, tous seront capturés sauf un, Jules Bonneau appelé la Teigne.
Une traversée pleine de rage et de violence mais aussi d'amour.
Un roman qui vous prend aux tripes, bouleversant.


25 août 2023

Un roman furieux et de magnifiques personnages

S’il est un auteur qu’on aime à retrouver à chacun de ses romans, c’est bien Chalandon, et encore plus en ce mois d’août avec son « enragé ».
D’une plume qui fouaille dans les entrailles des destins et des passés, les siens et ceux de ses personnages, Chalandon signe à nouveau un grand roman, celui de l’enfance perdue, balancée entre les murs d’une maison de redressement, située à Belle-Île-en-Mer ; cette geôle n’en porte pas le nom mais elle en a toutes les caractéristiques : violences, humiliations, travail forcé et faim sans fond ont façonné ce lieu en un condensé de l’enfer sur terre. Les gamins apprennent en y entrant qu’ils ne pourront pas échapper au choix qu’ils devront faire, devenir un caïd ou sombrer en devenant souffre-douleur.
Quand il a passé le portail la première fois, Jules Bonneau a choisi, vite. Il sera un de ceux qui résistent à tout : aux coups, aux jaloux, aux gardiens vicieux, aux punitions. On l’appellera la Teigne parce que c’est le nom de guerre qu’il s’est choisi.
Là-dedans, tout tient grâce à la trique et aux menaces mises souvent à exécution mais un jour de vexations de plus et le trop plein de tout va faire vriller les gamins qui vont laisser exploser leur colère et leur hargne. À partir de ce jour, la vie de Jules va basculer.
S’inspirant d’un fait divers datant de 1934, Chalandon crée un personnage magnifique de jeune rebelle qui n’a que sa haine pour toute fortune et ses poings pour tout bagage. Il dépeint avec finesse la complexité des sentiments qui l’animent et ses rapports difficiles avec autrui et au monde.
Chalandon retrace un moment peu glorieux de notre histoire et on est révoltés en lisant les conditions de vie qui étaient réservées à ces gosses malchanceux ou abandonnés. Mais il va plus loin en inventant une vie à son Jules, une liberté retrouvée grâce à des hasards qui vont croiser sa route. Un roman très fort, émouvant et de très beaux personnages : un autre incontournable de cette rentrée littéraire !


24 août 2023

Coup de coeur de Claire

Inspiré d'un fait divers qui eu lieu en 1934, "L'enragé" relate la traque des jeunes évadés de la colonie pénitentiaire de Belle-Ile. L'un d'entre eux est-il parvenu à s'enfuir et à quitter l'île ? Ou bien alors, se cache-t-il quelque part, mais où ?
C'est ce que l'auteur imagine dans ce récit haletant et tout en empathie.
Sorj Chalandon réussit là un très beau livre, véritable plaidoyer à l'entraide et à la fraternité.


12 octobre 2023

Puissant, violent, bouleversant

La Teigne porte son surnom avec fierté, acquis à force de coups donnés et subis. La rage qui l’habite depuis sa naissance est sa compagne de vie et la raison de sa présence à la colonie pénitentiaire de Belle-Île. Cette rage est également le moteur qui lui permettra de s’évader.
Comme à sa habitude, Sorj Chalandon nous montre qu’Histoire et roman peuvent former un seul récit puissant, violent et bouleversant. La rencontre entre l’écrivain indigné et révolté et la Teigne est une évidence. Un de nos romans préférés de Sorj Chalandon !


12 octobre 2023

Puissant, violent, bouleversant

La Teigne porte son surnom avec fierté, acquis à force de coups donnés et subis. La rage qui l’habite depuis sa naissance est sa compagne de vie et la raison de sa présence à la colonie pénitentiaire de Belle-Île. Cette rage est également le moteur qui lui permettra de s’évader.
Comme à sa habitude, Sorj Chalandon nous montre qu’Histoire et roman peuvent former un seul récit puissant, violent et bouleversant. La rencontre entre l’écrivain indigné et révolté et la Teigne est une évidence. Un de nos romans préférés de Sorj Chalandon !


13 septembre 2023

L'enfance pietinėe

J'ai ressenti la rage, la colère, l'humiliation, la perversité tant l'ecriture décrit la condition des enfants et des matons. J'ai eu la sensation physique de manquer d'air, et tel un polar j'ai été sur le qui vive non pas pour connaître l'assassin mais pour savoir si Jules allait s'en sortir.. un livre bouleversant


Un roman social dur

Sorj Chalandon nous emmène sur une île, en Bretagne, en 1932, dans la colonie pénitentiaire pour enfants, que les journalistes appelaient à juste titre un bagne. Août 1934, 56 enfants arrivent à s'enfuir ; tous seront repris sauf un, Jules Bonneau, dit La Teigne, 18 ans.
Lorsqu'on se plonge dans un roman de Sorj Chalandon, on sait que l'on ne lira pas un feel-good mais plutôt un roman social, dur comme peut l'être la vie parfois, dont les personnages sont souvent broyés par L’Histoire avec des mots forts et justes choisis par cet auteur confirmé.


30 août 2023

Humain et émouvant

« J’écris pour partager les blessures » déclarait en 2019 Sorj Chalandon. Une phrase, comme un mantra, qui traverse tous les romans de l’écrivain journaliste depuis son premier ouvrage « Le Petit Bonzi ». Partager la douleur de son enfance, dans ses textes autobiographiques quand la violence du père détruit l’amour d’un fils. Partager les blessures des autres comme ses romans irlandais, s’appuyant sur son expérience de journaliste sur place. Partager les blessures des pauvres comme celles des mineurs de « Le jour d’avant », racontant la souffrance des gueules noires lors de la catastrophe des Houillères de 1974.

Partager les blessures, c’est encore que que fait dans L’Enragé, Sorj Chalandon. Cette fois-ci, il s’agit de blessures infligées à de jeunes « marginaux » internés dans la Colonie pénitentiaire de Belle-Île en Mer, colonie pénitentiaire qui est en fait un véritable bagne pour enfants, petits délinquants, orphelins. Il s’agit ici du sort d’un petit paysan mayennais, abandonné par sa mère à l’âge de cinq ans, ignoré de son père, et non élevé par des grands parents. Son premier crime: un vol de trois oeufs. Son second: regarder deux frères se venger de la mort injuste de leur famille. Et se retrouver ainsi à treize ans dans cette colonie. Il s’appelle Jules Bonneau, un patronyme qui le place d’emblée dans ces révoltés, ces marginaux, qui font tant peur à cette bonne société des années trente. Un enragé.

Le Petit Bonzi avait pour défaut majeur, le bégaiement, celui que Chalandon avait lui aussi enfant. Jules Bonneau, dit la Teigne, a comme défaut majeur, l’envie de sauver sa peau, une envie que Chalandon a eu probablement lors des crises de violence de son père. « Tout ce que j’écris, je le vis. Je n’ai pas envie de faire pleurer ou qu’on me plaigne, je veux partager ce que ressent ce gamin » dit Chalandon. Partager à nouveau les blessures occasionnées par l’absence d’amour, l’avilissement d’enfants qui n’ont comme défaut majeur que d’être né du mauvais côté de la société. Dire cette souffrance extrême et entamer la vengeance.

Le partage des blessures a en effet chez Chalandon, un pendant: celui de la résistance. On peut appeler cela aussi la Justice. Le besoin de Julien est terrible, à la hauteur des sévices subis. Il répond au sang par le sang. Aux coups par les coups. Mais cette vengeance est un rêve, un exutoire, une manière de quitter la réalité sordide et de s’imaginer, un moment, plus fort, plus aimé que l’on ne l’est en réalité. Comme le héros du Jour d’Avant qui voulait punir les Houillères, Julien va vouloir punir tous ces garde-chiourmes appelés honteusement « moniteurs » , ces petits potentats locaux, ce prêtre qui rêve de Rome. En rêve vraiment? En réalité plutôt? Julien n’est pas un Saint. Comment peut on l’être après avoir subi tant de haine et n’avoir pour seule trace d’affection qu’un ruban de soie accroché à son poignet d’enfant par sa maman? Il n’est pas un ange et il n’en est que plus attachant, plus vrai.

Comme toujours l’auteur s’appuie sur la réalité, sur des faits. Souhaitant être irréprochable, il part cette fois-ci de recherches personnelles sur cette « colonie » de Belle-Île et notamment d’un article de presse de 1934 qui évoque « l’évasion des vauriens » de la colonie, cinquante cinq auraient été repris. Un cinquante sixième n’aurait jamais été repéré. Ce cinquante sixième Chalandon le retrouve, lui donne un nom, un surnom, un physique, un caractère. Il sera L’Enragé. Ecrivant au plus près des faits réels, l’auteur glisse ses mots dans les interstices de l’Histoire, il imagine les creux laissés par l’empreinte du temps. Il le fait toujours avec une empathie et un amour des faibles écrasés par les forts, des oubliés comme ces pêcheurs de sardines avec qui l’on partage la marée, le dur labeur mais aussi la connivence du silence et de l’amitié. Il le fait avec la connaissance d’une souffrance intime qui n’a jamais dû le quitter.

La Teigne dit: « Personne jamais, ne parlera de cette solitude. De cette misère. De l’immensité d’une nuit sans toit lorsqu’on dort sous le ciel. De la rosée du matin, qui perle sur la veste d’un pauvre ». Personne? Si Sorj Chalandon qui, une fois de plus, rend hommage aux opprimés avec un amour gigantesque, plus grand que celui qui leur a été jusqu’alors chichement offert. Et surtout avec les mots justes pour dire cet amour.


23 août 2023

L'un des meilleurs Chalandon. Bouleversant !

« J’écris pour partager les blessures » déclarait en 2019 Sorj Chalandon. Une phrase, comme un mantra, qui traverse tous les romans de l’écrivain journaliste depuis son premier ouvrage « Le Petit Bonzi ». Partager la douleur de son enfance, dans ses textes autobiographiques quand la violence du père détruit l’amour d’un fils. Partager les blessures des autres comme ses romans irlandais, s’appuyant sur son expérience de journaliste sur place. Partager les blessures des pauvres comme celles des mineurs de « Le jour d’avant », racontant la souffrance des gueules noires lors de la catastrophe des Houillères de 1974.

Partager les blessures, c’est encore que que fait dans L’Enragé, Sorj Chalandon. Cette fois-ci, il s’agit de blessures infligées à de jeunes « marginaux » internés dans la Colonie pénitentiaire de Belle-Île en Mer, colonie pénitentiaire qui est en fait un véritable bagne pour enfants, petits délinquants, orphelins. Un récit qui se passe dans ces maisons de redressement et donne envie aux lecteurs de serrer les poings, de combattre la nausée qui vient pour refuser les injustices physiques ou morales sur des enfants ou adolescents détruits par la violence des adultes. C’est bien de cela qu’il s’agit ici. En l’occurence le sort d’un petit paysan mayennais, abandonné par sa mère à l’âge de cinq ans, ignoré de son père, et non élevé par des grands parents. Son premier crime: un vol de trois oeufs. Son second: regarder deux frères se venger de la mort injuste de leur famille. Et se retrouver ainsi à treize ans dans cette colonie. Il s’appelle Jules Bonneau, un patronyme qui le place d’emblée dans ces révoltés, ces marginaux, qui font tant peur à cette bonne société des années trente. Un enragé.

Le Petit Bonzi avait pour défaut majeur, le bégaiement, celui que Chalandon avait lui aussi enfant. Jules Bonneau, dit la Teigne, a comme défaut majeur, l’envie de sauver sa peau, une envie que Chalandon a eu probablement lors des crises de violence de son père. « Tout ce que j’écris, je le vis. Je n’ai pas envie de faire pleurer ou qu’on me plaigne, je veux partager ce que ressent ce gamin » dit Chalandon. Partager à nouveau les blessures occasionnées par l’absence d’amour, l’avilissement d’enfants qui n’ont comme défaut majeur que d’être né du mauvais côté de la société. Dire cette souffrance extrême et entamer la vengeance.

Le partage des blessures a en effet chez Chalandon, un pendant: celui de la vengeance, de la résistance. On peut appeler cela aussi la Justice. Le besoin de Julien est terrible, à la hauteur des sévices subis. Il répond au sang par le sang. Aux coups par les coups. Mais cette vengeance est un rêve, un exutoire, une manière de quitter la réalité sordide et de s’imaginer, un moment, plus fort, plus aimé que l’on ne l’est en réalité. Comme le héros du Jour d’Avant qui voulait punir les Houillères, Julien va vouloir punir tous ces garde-chiourmes appelés honteusement « moniteurs » , ces petits potentats locaux, ce prêtre qui rêve de Rome. En rêve vraiment? En réalité?

Comme toujours l’auteur s’appuie sur la réalité, sur des faits. Souhaitant être irréprochable, il part cette fois-ci de recherches personnelles sur cette « colonie » de Belle-Île et notamment d’un article de presse de 1934 qui évoque « l’évasion des vauriens » de la colonie, 55 auraient été repris. Un cinquante sixième n’aurait jamais été retrouvé. Ce cinquante sixième Chalandon le retrouve, lui donne un nom, un surnom, un physique, un caractère. Il sera L’Enragé. Ecrivant au plus près des faits réels, l’auteur glisse ses mots dans les interstices de l’Histoire, il imagine les creux laissés par l’empreinte du temps. Il le fait toujours avec une empathie et un amour des faibles écrasés par les forts, des oubliés comme ces pêcheurs de sardines avec qui l’on partage la marée, le dur labeur mais aussi la connivence du silence et de l’amitié. Il le fait avec la connaissance d’une souffrance intime qui n’a jamais dû le quitter.

La Teigne dit: « Personne jamais, ne parlera de cette solitude. De cette misère. De l’immensité d’une nuit sans toit lorsqu’on dort sous le ciel. De la rosée du matin, qui perle sur la veste d’un pauvre ». Personne? Si Sorj Chalandon qui, une fois de plus, rend hommage aux opprimés avec un amour gigantesque, plus grand que celui qui leur a été jusqu’alors chichement offert. Et surtout avec les mots justes pour dire cet amour.


19 août 2023

Bouleversant !

S. Chalandon rend un hommage singulier aux enfants des colonies pénitentiaires à travers une histoire de rencontres, celles dont on peut puiser l'espoir et la combativité.

Une plongée dans l'âme humaine où le pire côtoie le meilleur.


16 août 2023

Rentrée littéraire 2023
Dans la veine humaniste qui anime toute son œuvre, et après ses derniers romans plus personnels, Sorj Chalandon revient à ce qu’il sait le mieux faire, dresser une épopée historique devenant romanesque, dans sa façon de combler les vides. Ainsi, en décrivant une révolte contre un ordre établi, injuste et inhumain, le journaliste écrivain redonne vie à un lieu oublié, pourtant symbole d’une liberté happée, celle de l’enfance emprisonnée.
Suite de la chronique illustrée ici
https://vagabondageautourdesoi.com/2023/08/16/sorj-chalandon-l-enrage/


8 août 2023

A paraître le 16 août

Un gros coup de cœur pour ce roman ou S. Chalandon nous raconte l'histoire d'un pénitencier pour enfants ou doit-on dire un bagne. Un jeune garçon dit "La teigne" essaye d'y survivre.
C'est juste, percutant, terrible, émouvant, le pire côtoie le meilleur.
La nature humaine dans toute sa splendeur.

Incroyable!




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