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Mark Z. Danielewski

Biographie

Mark Z. Danielewski naît le 5 mars 1966 à New York. Il est le fils du cinéaste polonais d’avant-garde Tad Danielewski et de Priscilla Decatur Machold. Sa sœur, la chanteuse Poe, née Anne Decatur Danielewski, naît deux ans après lui. Le jeune Mark passe son enfance à sillonner le monde, la famille suivant Tad là où le mènent ses différents projets cinématographiques. À 10 ans, il a déjà vécu au Ghana, en Inde, en Espagne, en Suisse, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Cette vie d’itinérance fait naître chez lui un penchant pour la créativité sous toutes ses formes.

Tad Danielewski, qui a fait partie de la Résistance intérieure polonaise lors de la Seconde Guerre mondiale, transmet à son fils un sens aigu de la préciosité du temps, en particulier lorsqu’il est question de lecture et d’apprentissage. « Je savais qu’il y avait beaucoup à apprendre ici-bas », dira-t-il plus tard.

« Dès l’instant où je survole une page, j’ai conscience que je trompe le temps. C’est l’un des plus beaux cadeaux que nous fait le langage ; soudain, on fait partie de quelque chose qui nous octroie des années. Et qui peut survoler toutes sortes de frontières et de genres. Tout à coup, il y a un scintillement dans le texte, et on comprend qu’on nous fait le privilège, en quelques heures, de quelque chose qui excède ces heures. La grande littérature semble presque excéder le temps lui-même. »

À l’âge de 10 ans, outre ses nombreux voyages, il a également déjà écrit son premier texte. Il s’agit d’un roman de 360 pages intitulé The Hell Hole, narrant l’histoire d’un adolescent drogué et malheureux dans la ville de New York, qui finit en prison. L’œuvre ne plaît pas à ses parents.

En 1985, avec peu d’argent, il part à Paris rendre visite à son demi-frère. Il y découvre une vieille machine à écrire, et commence à taper des mots. C’est à ce moment, se souvient-il, qu’il a pour la première fois pris plaisir au processus d’écriture. Il donne naissance à une histoire, « à ce point inachevée qu’elle ne méritait même pas d’être qualifiée d’incomplète », Where Tigers Dance. Elle continue néanmoins de « traîner » dans un coin de sa tête.

Trois ans plus tard, il sort diplômé en littérature de Yale. Puis il décide d’aller étudier le latin à Berkeley, en Californie. Peu après, installé à New York, il reçoit un coup de fil lui annonçant que son père est en train de mourir du cancer. Dans le bus qui le conduit vers l’ouest, il écrit une pièce de théâtre d’une centaine de pages intitulée Redwood, qu’il dédie à son père, dans une seconde tentative de gagner sa reconnaissance. Mais là encore, son travail échoue à recueillir sa bénédiction. «&nbspPourquoi ne travailles-tu pas dans un bureau de poste ? », lui aurait-il lancé, furieux. Le jeune écrivain incompris déchire son manuscrit et décide qu’il n’écrira plus jamais. Sa sœur, qui lui rend visite quelques jours plus tard, lui ramène le manuscrit qu’elle est allée récupérer dans la poubelle avant de le rafistoler. « Elle m’a sauvé la vie », dira Mark Z. Danielewski.

Il intègre une école de cinéma à Los Angeles au début des années 1990. Parallèlement, il participe au documentaire Derrida, consacré au philosophe français, en tant qu’assistant réalisateur, technicien du son et caméraman. Il sort diplômé en 1993 ; c’est aussi l’année où son père meurt, et celle où il a l’idée d’une maison dont les dimensions intérieures excèdent les dimensions extérieures. C’est la naissance de La Maison des feuilles.

Entre 1993 et 1999, il vit de petits boulots – professeur particulier, serveur, plombier –, et finit par trouver un jeune agent littéraire, Warren Frazier, qui tombe amoureux du projet. Ils le proposent à plus de 32 éditeurs avant qu’Edward Kastenmeier, de Pantheon Books, décide de s’en emparer. Avant sa première sortie le 29 février 2000 en édition reliée, plusieurs parties du roman circulent déjà sur internet, où elles font sensation dans les milieux de la nuit à Los Angeles, Las Vegas et San Francisco. Il est nominé pour le prix Bram-Stoker dans la catégorie « Premier roman », et remporte le New York Public Library’s Young Lions Fiction Award en 2001. À ce moment-là, il est déjà culte. Depuis, il a été traduit dans de nombreuses langues, fait l’objet de recherches et continue d’être enseigné dans plusieurs universités à travers le monde.

En 2006, il publie un roman tout aussi dense et complexe, Only Revolutions, salué par la critique et finaliste du National Book Award. En septembre 2010, il annonce la publication d’une série de 27 volumes consacrée à une petite fille de 12 ans qui trouve un chat, et intitulée The Familiar. Si les premiers volumes s’enchaînent à partir de 2015, jusqu’au cinquième en 2017, début 2018, il met en pause le projet. En 2019, il publie un album jeunesse, The Little Blue Kite. Aujourd’hui, Mark Z. Danielewski est non seulement considéré comme un romancier génial et inventif, mais aussi reconnu dans le monde entier comme un artiste unique.



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