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22 juillet 2021

La somniloquie : vous connaissez ?

« Louise découvre ce trouble du sommeil , parce que son compagnon , son Carlos si doux, si investi dans l’aide aux autres, parle, crie, insulte , revit des scènes violentes, de crime ? toutes les nuits.
Elle décide de l’enregistrer et de faire traduire ses discours virulents , et oui ils sont en espagnol !
Un chercheur spécialiste des rêves , son amie Jeanne vont l’aider dans cette enquête qui va les conduire jusqu’ en Andalousie, au royaume des inégalités, des secrets bien gardés
L’auteure nous propose une aventure , drôle , légère, pleine de quiproquos, et c’est avec plaisir que j’ai accompagné la naïve Louise, d’autant que des sujets abordés l'air de rien, ne sont pas si anodins ( le poids de la famille, des conventions familiales, la place des non-dits, …) »

par Isa, du comlec #LTN

Un peu de légèreté et d’humour (noirs)


22 juillet 2021

« Le paradis commence là où meurt le bourgeois »

On connaissait les Hoboes, ces travailleurs nomades qui sillonnaient l’Amérique de la Grande Crise, mais qui se souvient des dizaines de milliers de Vagabonds qui cheminaient sur les routes allemandes au milieu des années 20 ? En 1933, on en dénombrait près de 500 000, auxuqels s’ajoutaient plus de 6 millions de chômeurs…

Le roman graphique de Bea Davies et Patrick Spät retrace de manière sensible et extrêmement bien documentée le parcours de Gregor Gog (1891-1945), jeune idéaliste de la trempe d’un Ben Traven ou d’un Jack London, qui après quelques années sur les routes allemandes, décréta la « Greve générale à vie » de ses compagnons vagabonds et organisa à Stuttgart la première rencontre de sa Confrérie qui défraya la chronique.

Avec ses compagnons de route, Jo Mihaly et Hansbrock, Gregor Gog consacrera les plus belles années de sa vie à organiser les laissés pour compte de la crise économique en Allemagne. Proche d’Erich Muhsam, il travaillera d’arrache-pied à la mise en œuvre concrète de la plus belle des utopies et avait saisi avant tout le monde le danger d’une idéologie totalitaire qui cherchait à s’appuyer sur le lumpenproletariat pour parvenir à ses fins...

Cette page d’histoire méconnue se termina de manière tragique pour ces milliers de vagabonds avec l’arrivée au pouvoir des nazis. Elle est relatée ici avec force détails est ici et remise en avant demanière magistrale par les auteurs, comme dans un de ces romans noirs pétris de critique sociale…

A découvrir sans plus attendre...


20 juillet 2021

On a tous quelque chose en nous de Maggie Terry...

[Des polars pour l’été] Rien de tel que l’été pour découvrir de nouveaux horizons littéraires…

GROS COUP DE COEUR pour #MaggieTerry de Sarah Schulman publié en mai aux @editionsinculte. Un retour magistral de cette autrice phare de la littérature #queer new-yorkaise dont ont on avait déjà adoré « Après Dolores » réédité chez les mêmes en 2017…

Maggie Terry est une femme à la dérive. Fraîchement sortie de désintox (après quelques années d’isolement), cette ex-flique vient d’être recrutée comme assistante détective dans un cabinet renommé où elle peine à trouver ses marques. Obnubilée par la mort de son ex coéquipier et par la séparation forcée forcée avec son ex-compagne qui la prive de sa petite fille, Maggie fréquente assidûment les réunions des Alcooliques et Narcotiques Anonymes et essaye d’avancer à grand peine dans un monde qu’elle ne comprend pas et dans une ville qu’elle ne reconnait plus…

Avec en toile de fond la victoire encore fraîche (et angoissante) de l’agent Orange (i.e. Donald Trump qui en prend régulièrement pour son grade ) et la gentrification du quartier de Chelsea, à Manhattan Ouest, où les commerces traditionnels dés émigrés allemands disparaissent les uns après les autres sous les coups de la spéculation immobilière, ce roman de Sarah Schulman est une petite pétite sensible et acérée dans lequel on se plongera avec délice, et dont les personnages nous habiteront longtemps...

Roman d’enquête assez traditionnel, mais rudement bien mené (Maggie est engagée pour résoudre le mystère qui entoure le meurtre de Jamie Wagner, actrice de second rôle retrouvée étranglée à son domicile), #MaggieTerry est aussi un roman d’époque et d’ambiance dans lequel on se plongera avec fascination et délice.

Comme dans les romans de Paul Auster (adaptés par Wayne Wang), on apprécie sans retenue ces ambiances urbaines qui collent à la peau de Maggie et qui nous permettent d’entrevoir la réalité crue et fascinante de New-York, et de ses ombres d’humanité qui la peuplent et s’y débattent, loin, très loin des clichés de la ville monde et tentaculaire, mais si proche de nous en vérité…

Et c’est bien pour cela qu’il faut s’empresser de lire ce petit chef d’oeuvre...


17 juillet 2021

Quand l'Histoire vous colle à la peau...

Nouveau coup de coeur pour « Le sourire du scorpion » de @gainpatrice publié chez @lemotetlereste (décidément), petite pépite qui vient de se voir décerner de Prix des lecteurs #QuaisDuPolar début juillet.
Patrice Gain occupe une place à part dans le polar français. Spécialiste des grand espaces et de amoureux de la nature à l’état brut, ses romans oscillent entre nature writing, thriller et roman noir, et d’une certaine manière Le sourire du Scorpion concentre l’ensemble de ces qualités, ce qui est somme toute assez rare.
Le roman commence par la préparation d’une descente en rafting de la rivière Tara, au Montenegro. Mais ce qui ne devait être a priori qu’une simple expédition familiale va rapidement tourner au drame. On hésite entre RonRash, pour la qualité des descriptions et des ambiances, et John Dickey (Délivrance) pour la tension permanente qui emporte le lecteur comme une rivière en crue…
Après le drame, dans une seconde partie plus lente et plus sensible, va suivre Tom et Luna, les jumeaux rescapés, qui tentent de se reconstruire alors qu’ils entrent à peine dans l’adolescence… Aux côtés de leur mère, totalement à la dérive, et de Goran, le guide serbe qui n’a pas réussi à éviter le drame, Tom et Luna vont faire leur apprentissage et découvrir petit à petit l’envers du décor et la réalité des événements qui ont mis si brutalement fin à l’insouciance et à l’enfance.
Un roman captivant et prenant, qui se lit d’une traite… et un fond de vérité que le lecteur découvrira petit à petit, glacé d’horreur devant les faits (réels) dont s’est inspiré l’auteur… Il y a des pages d’histoire qui finissent toujours par nous rattraper… A lire sans attendre !


17 juillet 2021

Séoul-Montréal... la vengeance est un plat qui se mange froid...

Séoul 1997 : Chang-wook est brutalement arraché à son enfance le jour où son père, petite frappe liée à la mafia coréenne, massacre sauvagement sa petite sœur sous ses yeux…
Montréal 2022 : Mark a grandi à Montréal où sa mère s’est enfuie pour tenter de se reconstruire et d’élever son fils loin du monstre qui a détruit sa famille. Ils ont changé d’identité, luiest devenu flic et travaille en binôme avec Jade, maître chien d’origine amérindienne spécialisée dans le détection de matériel électronique et Jindo, le labrador à l’odorat affûté...
Alors qu’ils travaillent d’arrache-pied à démanteler un réseau pédo-pornographique lié aux milieux politiques et économiques, Jade et Mark se trouvent confrontés à une série de crimes sordides qui pourraient bien les entraîner tous deux dans la tourmente…
Entre-temps, en plein coeur de l’hiver canadien, le père de Chang-wook / Mark a débarqué à Montréal, bien décidé à retrouver la trace de son ex-épouse et à accomplir sa vengeance…
« Mousson Froide » vient de sortir chez Robert Laffont est un cocktail détonnant qui marque une nouvelle étape dans la carrière littéraire de Dominique Sylvain. Nouvel éditeur, nouvelles ambiances, nouveaux personnages, Dominique Sylvain nous donne une fois de plus la preuve, avec ce roman choral magistralement orchestré, qu’elle est loin d’avoir tiré ses dernières cartouches et sait réserver au lecteur de passionnants moments de lecture.
La densité de l’intrigue, le rythme soutenu, sans temps morts de l’action, la force et la profondeur de ses personnages, qu’elle sait dévoiler dans la complexité de leurs caractères, tout en préservant leur fragilité et leurs fêlures les plus intimes est indéniablement la marque des grands… De la belle ouvrage !!!




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