Les librairies Agenda Coups de coeur
10 février 2022

Belle réussite

Les indices de l’oubli pour lesquelles Arnaud Genon nous conte ses réflexions sont toutes ces photographies familiales oubliées dans un tiroir, une boite en fer ou rangées, façon disciplinées, dans un album. Qui ne s’est pas perdu à remuer ces petits carrées bordées de blanc où la vie s’étale, souvent anonyme et oubliée ?

Arnaud Genon nous entraîne dans une de ses promenades pour comprendre et essayer de cerner ce que l’on y vient chercher. Pour lui, c’est une chemise bleue qui renferme son passé, et qu’il ouvre tout d’abord avec son fils, puis après seul.

Arnaud Genon raconte ses rencontres à la recherche d’un détail, d’une expression et même d’une émotion pour faire parler les visages, la posture de ces souvent sans-noms. L’imagination vient reconstruire un discours souvent défaillant. Mais qu’importe, son voyage nous entraîne vers le silence permettant au lecteur de retrouver l’envie d’ouvrir ses boîtes mystérieuses !

Avec des chapitres courts, Arnaud Genon raconte ses ancêtres en associant souvenirs et images. Il balaye son enfance d’avant la souvenance et retrouve l’amour des siens aujourd’hui disparus. Même les photos ratées trouvent leurs places dans cet essai sur les traces.

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https://vagabondageautourdesoi.com/2022/02/10/arnaud-genon/


8 février 2022

Une réussite !

Remedium présente un nouveau cas. Pour cette rentrée, ce sont les histoires de violences policières ordinaires. Dans ce sous titre, ce qui choque, ce ne sont pas les violences policières, il y en a toujours eu. Non, c’est qu’elles soient devenues ordinaires !

A partir de vingt portraits, Remedium raconte des vies ordinaires qui, un jour, ont été écrasées par le déchaînement de la violence de la police. Dans un état de droit, la police protège les citoyens quel qu’ils soient et quelque soit leur origine, leur faciès et leur quartier.

Force est de constater que depuis quelques années les affaires révélant des violences policières abusives se sont multipliées. Et, ce qui a changé, par rapport au passé, c’est que celles-ci sont justifiées et même encouragées. Actuellement, un candidat à l’élection présidentielle justifie ouvertement le droit de la police à la violence légitime. Mais, aussi, leur ministre actuel justifie ces violences comme nécessaires tout en admettant des dérapages.

Seulement, comment prouver un dérapage lorsque c’est parole contre parole ! Et Remedium le souligne : beaucoup de portraits sont broyés par cette injustice manifeste où l’institution défend toujours ses membres. Plusieurs procédés sont à l’œuvre que Remedium décortique parfaitement à partir de ses récits.

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https://vagabondageautourdesoi.com/2022/02/07/remedium/


4 février 2022

Saga addictive

Le feuilleton captivant de cette rentrée littéraire est présenté par Pierre Lemaitre avec Le grand monde mêlant fresque sociale, historique et politique lors de l’après seconde guerre mondiale. Les tickets de rationnement étaient encore d’actualités. Il faut attendre deux ans pour avoir une voiture. Les logements quand on avait la chance d’en avoir un n’avaient pas de confort. La France s’embourbait déjà en Indochine…

La famille Pelletier habite à Beyrouth, précisément Avenue des Français, proche de l’entreprise de savonnerie où les deux parents travaillent sans relâche depuis plus de trente ans. D’ailleurs, les bénéfices sont là puisque les manufactures de Tripoli et d’Alep ont été rachetées.

Louis et Angèle forment un couple souvent attentif l’un vers l’autre, même si Angèle est un condensé d’idées reçues, tributaire de sa vision très économique du monde par manque de curiosité et d’ouverture. Quatre enfants presque tous adultes forment leur famille. Et de mars 48 à novembre 48, Pierre Lemaitre nous fait pénétrer dans leur intimité.

De Beyrouth à Paris en passant par Saïgon, six petits mois dans la vie de cette famille ! Et, quelle famille …

Jean, l’aîné, la trentaine, a toujours été maladroit, lourdaud et même replet. Sa ressemblance avec Ribouldingue des Pieds Niklelés lui vaut depuis, presque toujours, le surnom de Bouboule. Son père le pensait capable de reprendre l’entreprise familiale principale. Seulement, comme la moindre décision le met dans ne angoisse terrible, son expérience a été un fiasco complet !

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4 février 2022

Une écrivaine est née

Adèle Rosenfeld raconte dans Les méduses n’ont pas d’oreilles le quotidien de Louise F., la trentaine née en banlieue parisienne avec ses yeux marrons et son petit mètre soixante, écartelée par une dichotomie qui envahit son quotidien.

Une de ses oreilles est inapte à entendre d’où son appareil auditif caché comme est passé sous silence son handicap. Les cheveux recouvrent les oreilles et personne ne s’en rend compte puisque, en plus, elle n’en dit rien.

Alors, lorsqu’elle répond oui à la place de non, on la prend pour une idiote. Mais, lorsque dans un bar, elle n’entend pas la question noyée dans le bruit du lieu, on lui fiche la paix toute la soirée, la laissant à sa solitude et aux amis qu’elle s’est inventée pour combler un manque social trop réel. Louise y est habituée et même, quelque fois, s’en réjouit, tellement est épuisante cette attention de tous les instants.

Normalement, cela aurait pu continuer ainsi, sauf que le roman Les méduses n’ont pas d’oreilles s’ouvre sur la consultation chez le spécialiste. Il constate quinze décibels en moins sur l’autre oreille. Non seulement, il faut que Louise accepte ce dont elle a refusé depuis toujours, son statut de malentendante, mais prendre aussi la décision de devenir une femme bionique.

Dans ce premier roman, Adèle Rosenfeld conte ce cheminement entre reconnaître sa différence et se faire poser ou non un implant. Elle présente les brouhahas inaudibles, les trous noirs au milieu d’une phrase, la perception des différentes fréquences et les lèvres qui ne se laissent pas regarder ou qui s’effacent dans la pénombre.

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28 janvier 2022

Une lecture dont je partage l’avis avec plaisir !

Qu’un polar devienne presque un documentaire, c’est la réussite d’ Isabelle Villain qui remplit parfaitement cette fonction avec De l’or et des larmes. Ce polar raconte l’enquête traditionnelle menée au sein du sport de haut niveau, et plus particulièrement du milieu de la gymnastique. Cette catégorie rassemble de très jeunes athlètes qui ont par essence une vie sportive très courte.

Jean-Luc Provost est un entraineur reconnu et adulé. Il est engagé par la Fédération de gymnastique pour permettre à la France de gagner au moins deux médailles d’or aux prochains JO de 2024 à Paris. Les résultats aux Mondiaux permettront de dégager des athlètes susceptibles de répondre à cette exigence. En effet, trois jeunes filles et deux jeunes hommes se démarquent de la Team Provost qu’il a constituée dès le début de leur adolescence pour les conduire sur la plus haute marche du podium. Sa femme, Rita, l’assiste dans sa tâche en tant que kiné, mais aussi infirmière, enseignante et même maman lorsque c’est nécessaire.

Un jour d’entraînement comme un autre, le coach Provost doit s’absenter une petite heure pour revenir rapidement afin de décortiquer les vidéos des enchaînements des sportifs pour améliorer, encore et encore. Il ne trouve plus les clefs de sa moto et décide de prendre la voiture de sa femme. Sur le chemin, un accident lui coûte la vie. A la suite des investigations habituelles, la police découvre que les freins ont été sectionnés !

Le groupe de Rebecca de Lost est choisi pour résoudre cette affaire hyper sensible aux ramifications politiques évidentes à six mois des JO de Paris.

Isabelle Villain décrit une enquête traditionnelle mais minutieuse où chaque piste est suivie de façon à trouver le ou les assassins. Des rebondissements savamment disséminés viennent renforcer une intrigue où les personnages ont suffisamment d’épaisseur pour paraitre crédibles. De plus, l’équipe de Rebecca est constitué de profils de policiers acharnés au travail mais aussi avec des spécificités dans leur vie privée les rendant accessibles et crédibles.

Mais, la valeur ajoutée de ce roman est le milieu qu’il décrit. La documentation fouillée approfondie un sujet terriblement d’actualité. Mais, c’est aussi tout le sport système auquel les JO n’échappent pas qu’Isabelle Villain semble aussi dénoncer.

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https://vagabondageautourdesoi.com/2022/01/28/isabelle-villain/




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