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10 juillet 2018

Conseillé par Marie-Laure

En 1979, Laura Alcoba quitte l’Argentine pour rejoindre sa mère à Paris. C’est avec sa voix de petite fille qu’elle nous raconte ses impressions lors de son arrivée en France. Quelle désillusion lorsqu’elle se rend compte qu’elle ne vivra pas à Paris mais en banlieue ! Chaque chapitre correspond à un souvenir bien marquant : ses premières amitiés, ses vacances au ski, la tapisserie horrible de l’appartement et cette photo que son père, prisonnier politique, lui réclame et qu’elle n’arrive pas à choisir. Laura Alcoba rend aussi un très bel hommage à notre langue. La lecture des "Fleurs bleues" de Queneau deviendra son défi. Elle évoque également sa fascination pour le « e » muet. Un magnifique témoignage sur l’exil et sur la vie des réfugiés en France.


6 juillet 2018

Conseillé par Marie-Laure

En 1979 , Laura Alcoba quitte l'Argentine pour rejoindre sa mère à Paris. C'est avec sa voix de petite fille qu'elle nous raconte ses impressions lors de son arrivée en France. Quelle désillusions lorsqu'elle se rend compte qu'elle ne vivra pas à Paris mais en banlieue! Chaque chapitre correspond à un souvenir bien marquant : ses premières amitiés, des vacances au ski, la tapisserie horrible de l'appartement et cette photo que son père, prisonnier politique, lui réclame et qu'elle n'arrive pas à choisir. Laura Alcoba rend aussi un bel hommage à notre langue. La lecture des "Fleurs bleues" de Queneau deviendra son défi. Elle évoque également sa fascination pour le "e" muet. Un magnifique témoignage sur l'exil et sur la vie de réfugiés en France.


16 septembre 2017

La petite fille réfugiée

Enfant, Laura Alcoba a dû quitter l’Argentine pour rejoindre sa mère déjà réfugiée en France, alors que son père restait à Buenos Aires, emprisonné. " Le bleu des abeilles " rassemble des souvenirs de cet exil.

Dans ses précédents textes, et notamment  " Les passagers de l’Anna C. ", récit magnifique sur l’engagement de ses parents auprès de Che Guevara, Laura Alcoba témoignait déjà de cette situation tragique que traversait l’Argentine dans ces années-là, en construisant un travail de mémoire tout en finesse, où l’expérience personnelle est un révélateur de l’histoire collective. Ce petit recueil est donc une pierre de plus à son œuvre, et peut-être est-il encore plus émouvant. A la fin de l’ouvrage, Laura Alcoba confie : « Ce livre est né de quelques souvenirs persistants bien que parfois confus, d’une poignée de photos et d’une longue correspondance dont il ne subsiste qu’une voix : les lettres que mon père m’a envoyées après mon départ de l’Argentine, où il était prisonnier politique depuis plusieurs années déjà. […] Durant toutes ces années, je les avais gardées avec moi sans avoir le courage ni la force de les relire. Je l’ai fait durant le printemps 2012 ».

Ici donc Laura Alcoba n’a pas dix ans, parle à peine français et se retrouve en banlieue parisienne. Elle découvre en vrac un pays, une langue, et la douleur de l’exil. On pourrait considérer au premier abord ces textes comme une série de courtes saynètes touchantes sur la vie quotidienne d’une enfant dans les années 70. Mais derrière les souvenirs typiques d’une époque –la copine qui possède tous les disques de Claude François- ou cocasses –la découverte du reblochon- le désarroi des enfants de réfugiés politiques transparaît. Par petites touches, discrètes nuances, Alcoba raconte la peur d’être montrée du doigt, de ne pas saisir ce qu’on lui dit, de ne pas réussir à se faire comprendre, de ne pas trouver de place dans ce nouveau pays.

Tout aussi passionnant, Laura Alcoba écrivain se souvient ici de son apprentissage de la langue française. Elle raconte sa fascination d’enfant pour les « e » muets : « quand on ne connaît que l’espagnol, on ne peut pas imaginer que de telles choses existent –une voyelle qui est là et qui se tait, ça alors ! »_, _son opiniâtreté pour parvenir à lire un roman en entier, " Les fleurs bleues " de Queneau, qu’elle déchiffre mot à mot. Aussi, la romancière nous livre là un témoignage absolument passionnant sur la façon dont on s’approprie peu à peu une nouvelle langue jusqu’à la faire sienne.

Et, comme une musique de fond, la douleur de l’Argentine meurtrie, le pays où on ne retournera pas mais où le père est toujours enfermé, désormais inatteignable. Un très beau livre.

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